Qu’est-ce que le Burnout ?

Le burnout fait peur et se répand très rapidement dans toutes les classes sociales s’attaque à toutes les professions et à tous les âges sans exception : aux adolescents, aux parent, aux personnes âgées, aux indépendants, aux professionnels mais également aux personnes sans activité professionnelle.

Cependant, plus on le dénigre et plus on le rend important. Car plus on redoute le burnout en le rendant responsable de tous nos maux, nous oublions nos responsabilités individuelles et collectives face au burnout, et lui donnons toute la place qu’il a besoin pour se développer comme il l’entend.

Nous avons de plus en plus d’information à ce sujet, mais cela ne suffit pas. De nombreux spécialistes du bien-être au travail distribuent des conseils adéquats. Mais s’il suffisait de se reposer et de prendre des vacances pour se soustraire au burnout, il est évident que l’on ne manquerait pas de le faire, mais on pense que le problème vient d’ailleurs. Et du coup, méfiants, désarmés, et découragés, on abandonne à suivre ces recommandations qui pourtant ont fait leurs preuves.

Le but de cet article est d’examiner le burnout sous un autre angle, plutôt que de le détailler, je vous incite à comprendre son objectif. Accueillez-le tel qu’il est, en écoutant son message et en saisissant son côté positif. De cette manière vous pourrez choisir de l’observer sous l’angle qui a le plus de sens pour vous, pour le prévenir ou en guérir.

Le burnout est-il une maladie ?

Nous avons tous autour de nous quelqu’un en burnout, qui l’a été, ou qui le sera : un collaborateur, un chef, un parent, un conjoint, un ami, etc.. Le burnout ne ménage personne.

Devant ce problème, nous avons envie de l’inscrire sur la liste officielle des maladies recensées par l’OMS. Reconnaitre que le Burnout est une maladie permet à ceux qui l’endurent d’être reconnus dans ce qu’ils vivent. On ne plaisante pas avec une maladie, c’est quelque chose de sérieux, légal, malheureux et parfois très grave. Un malade ne fait pas semblant, il n’est pas faible ni fainéant. C’est une victime qui a des droits et qui mérite le respect et le soutien de la société. Ne se sentant pas coupable, le malade n’a plus à se sentir humilié de sa déficience momentanée. De cette manière, le et malade pourra plus facilement reconnaitre les premiers signes, en parler et agir afin de limiter les dégâts.

Mais les entreprises ne veulent pas donner trop d’intérêt à ce phénomène et préfèrent satisfaire leurs actionnaires quoi qu’il en coûte, quitte à sacrifier la santé, voire la vie de certains collaborateurs. Cependant, les assurances et les politiques ont bien compris qu’il faut exiger aux entreprises une posture responsable et un engagement réel pour prémunir la santé des salariés. S’il est nécessaire d’inclure le burnout sur la liste des maladies, allons-y ! mais ne croyez pas que tout sera résolu.

Einstein a dit « un problème ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé » pour résoudre un problème il faut changer de niveau de pensée. A ce jour, on essaie de soigner le burnout en s’attaquant aux manques qui le déclenchent : manque de courage des cadres, de temps pour se ressourcer, de sens au travail, de reconnaissance, etc.. Mais la vie ne fonctionne pas ainsi, le plus important ce sont nos pensées, sur quoi elles se focalisent. On sait que ce à quoi on pense le plus, se réalise, qu’on le veuille ou non.

Quel est l’objectif du burnout ?

Le burnout selon moi, n’est pas un problème de société à résoudre, mais la solution à un problème beaucoup plus complexe. Je pense qu’au lieu d’être le résultat de facteurs regrettables, le burnout contient une solution pour permettre de résoudre des problématiques d’un autre ordre. C’est ce qu’on appelle parfois l’intention positive.

Le burnout vient nous libérer.

En prenant compte de mon expérience et celles des autres, j’ai constaté que pour la plupart le burnout nous permet de nous libérer de situations qui ne nous conviennent pas, qu’elles soient extérieures ou intérieures de nous. Pour les situations extérieures, elles créent des dysfonctionnements d’organisation et de relation dans le cadre du travail. Pour les situations intérieures elles créent des dysfonctionnements de type cognitif et comportemental : ce sont les pensées négatives, une augmentation de vouloir contrôler ou de vouloir éviter, etc..

En résumé, l’endroit dans lequel évolue la personne et tout ce qu’elle met en œuvre pour y survivre est condamné. Cependant il est difficile pour elle de l’admettre et de s’en sortir. Elle s’accroche de tout son être à ce milieu existant, en brûlant chaque jour ses ressources physiques et psychiques. Malheureusement le résultat reste toujours le même, elle finit par « Péter un plomb » !

La personne souvent inconsciemment espère autant qu’elle craint ce pétage de plomb, car incapable de changer seule et de demander de l’aide, elle ne voit aucune façon de se sortir de là.

Aujourd’hui, la science peut visualiser les connexions neuronales totalement grillées par le burnout. C’est bien la preuve d’un système cérébral qui a surchauffé au point de disjoncter.

Faut-il transformer les personnes et les entreprises ?

Comme tous les systèmes, les êtres et les entreprises sont amenées à évoluer et à se transformer. L’évolution est une loi naturelle et universelle, sans cela la vie ne serait plus la vie ! C’est en passant par de nombreuses étapes et changements que la transformation se construit. Notre problème est que nous refusons ces changements, consciemment ou non, nous résistons. En affrontant ces changements on ne laisse pas à la vie faire son travail, et on s’empêche d’évoluer. La vie finit par nous mettre en burnout car elle est au bout de ses forces, tout ce qu’elle a mis en place pour nous aider n’a pas fonctionné : les joies, les rêves, les accidents, les maladies, les frustrations, les injustices etc.. les aides arrivent de manière progressive, réservant les coups les plus terribles aux personnes qui luttent le plus fort contre les changements. Le burnout est le dernier recours avant de renoncer et de s’en aller.

C’est pour venir à bout de l’immobilisme que le burnout entre dans la vie de ceux qui refusent d’y entrer eux-mêmes. Les « têtes brûlées » ne sont pas les personnes les plus faibles mais celles qui résistent le plus. Autrement dit, sans résistance le burnout n’existe pas. C’est pour cette raison que le taux de morbidité reste faible en comparaison à d’autres maladies. Le burnout touche le plus souvent les personnes sur lesquelles on s’y attend le moins, c’est-à-dire celles qui sont déterminées, robustes, engagées, intelligentes et qui semblent hors de danger.

C’est important que les personnes touchées par le burnout soient conscientes de ce constat, cela leur permet de se déculpabiliser et de se relever plus rapidement.

 
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